Vainqueur en solitaire à Tignes de la 8e étape du Tour de France, le Danois Michael Rasmussen (Rabobank) s'empare du maillot jaune. Christophe Moreau a marqué les esprits en prenant ses responsabilités dans la montée finale. Les écarts restent faibles entre les favoris, mais Vinokourov a souffert.
Vrai spécialiste et dangereux récidiviste. Depuis le retrait de Richard Virenque, Michael Rasmussen est sans doute le meilleur pur grimpeur du circuit. Vainqueur à Mulhouse en 2005, à l'Alpe d'Huez en 2006, le Danois de poche a récidivé dimanche en triomphant à Tignes, théâtre de la première arrivée au sommet de ce Tour 2007. Passé à l'offensive dans le Cormet de Roselend, l'ancien champion du monde de VTT voulait d'abord conquérir le maillot à pois. Mission accomplie, puisqu'il est passé en tête des trois ascensions classées en 1e catégorie.
Le deuxième objectif de Rasmussen résidait dans la victoire d'étape. Encore gagné. Mais il n'espérait sans doute pas s'offrir, en prime, le maillot jaune, le premier de sa carrière, à 33 ans. Ce n'est donc pas un coup double, mais un coup triple qu'a réussi l'escaladeur en chef de la Rabobank. Son Tour est d'ores et déjà réussi. Peut-il maintenant revoir ses ambitions à la hausse et lorgner sur une victoire à Paris? Nous n'en sommes pas là, mais la marge de manoeuvre dont il dispose aujourd'hui sur les principaux favoris peut lui permettre de prolonger son règne un bout de temps.
Moreau a assumé
Celui de Linus Gerdemann n'aura donc duré que 24 heures, comme prévu. Le jeune Allemand s'est accroché comme un beau diable. Il ne lui a finalement manqué que 43 secondes pour préserver sa belle tunique. Deuxième du général après les deux premières étapes alpestres, Gerdemann a en tout cas pris du galon, d'autant que la donne a complètement changé chez T-Mobile. La Magenta a subi une véritable saignée dimanche, perdant trois coureurs en moins de deux heures, dont sa vedette australienne Michael Rogers. Terrible destin pour Rogers, qui se trouvait dans le groupe de tête, avec Rasmussen, Colom, Arroyo, Goubert et Kohl, lorsqu'il a été victime d'une chute dans la descente du Cormet de Roselend. Après un long calvaire, Rogers a finalement décidé d'abandonner. Impitoyable Tour, qui venait là de perdre un sérieux outsider.
Et les favoris dans tout ça? Aucun d'entre eux n'a jugé utile de bouger la moindre oreille jusqu'au début de la montée finale. C'est alors Christophe Moreau qui a pris ses responsabilités en secouant le cocotier. L'offensive du Belfortain a provoqué l'explosion du groupe des ténors. Valverde, Schleck, Evans, Kashechkin et Mayo furent les seuls à pouvoir le suivre jusqu'au sommet. Le champion de France a assumé, prenant les relais les plus appuyés. Curieusement, il n'a pas franchement trouvé de soutien dans ce groupe. Malgré des intérêts communs évidents, l'entente n'a jamais été au rendez-vous.
Vino encore touché, mais pas coulé
Il y avait pourtant quelques adversaires à éliminer pour de bon. On songe évidemment à Alexandre Vinokourov. En souffrance depuis sa chute jeudi, le Kazakh s'est battu, mais il n'avait pas les moyens de suivre. Il peut remercier la passivité de Valverde and co, mais aussi le sens du dévouement d'Andreas Klöden, qui s'est littéralement sacrifié. Vino est aujourd'hui 23e du général à 5'23" de Rasmussen, et à 2'30" de Valverde. C'est beaucoup, mais il n'a pas encore complètement perdu le Tour. Il a maintenant une journée de repos pour essayer de se refaire la cerise. Certains regretteront peut-être de ne pas l'avoir achevé tant qu'il en était encore temps. En attendant, le mieux placé chez Astana se nomme Andrey Kashechkin (5e).
Globalement, après cet exigeant week-end, les écarts demeurent relativement serrés. Profitant des circonstances, Rasmussen a creusé un petit trou. Mais de Mayo, troisième, à Menchov, dixième, il n'y a que 40 secondes. On l'a vu, même Vinokourov, grand perdant de cette passe d'armes, n'est pas hors course. Seule certitude à la veille du premier temps mort, le Tour de France se cherche encore un patron. C'est au moins une bonne nouvelle pour l'intérêt de cette course plus que jamais ouverte et incertaine.
Source:
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